ALBERT MARQUET 1875-1947 Personnage en buste vu de profil

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Description

Dessin à  l’ encre  de chine, plume sur papier,représentant un personnage à mi-corps vu de profil canne

à la main coiffé  d’ un chapeau par Albert Marquet. Vers 1920.

 Dimensions : 39X28.5 cm à vue ,   57X47 cm avec cadre .

Monogrammmé a.m  en bas à droite.

Formé de manière académique et classique pendant une dizaine d’années, le jeune Marquet s’affranchit en pratiquant le portrait, et des nus féminins très présents, des dessins érotiques de bordel qui seront reproduits dans des livres. Ses dessins à l’encre de Chine, comme ceux croquant des passants parisiens, visibles au musée Malraux du Havre, sont tracés d’un trait de pinceau elliptique et dépouillé.

Né dans une famille modeste de Bordeaux, son père est employé des chemins de fer, Albert Marquet est encouragé par sa mère à pratiquer la peinture et le dessin, pour compenser son handicap physique, un pied-bot1 qui le gène pour la marche. Myope, Albert est d’un naturel silencieux et réservé. En 1890, sa mère prend un commerce de mercerie à Paris, pour qu’il puisse suivre des cours de dessin. Il entre, à 15 ans, à l’école des Arts Décoratifs et fait la connaissance d’Henri Matisse, de six ans son aîné, qui prend sous sa protection « l’English », surnom donné à Marquet par ses camarades d’atelier moqueurs2. En 1894, Ils entrent aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Gustave Moreau3. Marquet débute de manière académique en dessinant des nus. D’autres étudiants deviennent ses amis : Henri Manguin, Flandrin, Rouault et Camoin. En 1898 il fréquente avec Matisse l’Académie Julian et rencontre Derain et Jean Puy. Manguin s’installe dans un atelier dans le 17e arrondissement qu’il partage avec Marquet et ses camarades.

En 1899, premier succès, Albert Marquet est admis au Salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris, et au Salon de Grenoble. Pour vivre, Marquet et Matisse, peignent des décors de théâtre, ainsi que des décorations et des frises pour l’exposition universelle de 1901.

En 1901, Albert Marquet participe au Salon des Indépendants. Et en 1902, la Galerie Berthe Weill lui ouvre ses portes pour une exposition de groupe. Il loue une chambre de bonne 25 quai de la Tournelle à Paris. Il découvre le travail de Claude Monet et suit sa technique en réalisant des séries de toiles sur un même motif à différentes heures de la journée2. Après un été en Normandie avec la famille de Manguin, il participe au premiersalon d’automne en 1903, salon auquel il restera fidèle. En 1904, il expose avec la galerie Druet, l’État lui achète Les arbres à Billancourt. En 1905, il signe avec la galerie Druet un contrat d’exclusivité lui assurant enfin des revenus stables. Il s’installe 25 Quai des Grands-Augustins, visite Manguin en Provence avec Camoin. La même année, en 1905, pour la première fois le salon d’automne a lieu au Grand Palais où Ingres, Manet, Renoir, bénéficient d’une rétrospective. Y exposent Cézanne, Le Douanier Rousseau avec son Lion ayant faim se jette sur l’antilope, Matisse avec saFemme au chapeau, Laprade, Camoin, Vlaminck, Derain, Manguin… et Marquet en lesquels les critiques ne voient que des barbouilleurs de « cage aux fauves ». Le Président Émile Loubet refuse d’inaugurer le Salon. En 1906, sur les conseils de Camoin, Marquet et Dufy partent peindre au Havre, la vie d’un port, l’eau, les reflets. Marquet privilégie la gamme des gris.

Un article du journal l’Illustration du 4 novembre 1905 consacré aux Fauves.

Une vue de l’intérieur de l’exposition de l’Armory Show, New York, 1913

En 1906, il loue une chambre quai du Louvre. Il apprécie de peindre des vues plongeantes depuis sa fenêtre au calme, sans passant pour le gêner ou le distraire. Son père meurt, suivi par sa mère, en 1907. Il visite la Normandie avec Dufy, expose et tisse des liens avec le Cercle de l’art moderne au Havre, cercle de collectionneurs et d’industriels havrais. En 1907 il voyage à Londres et en Italie. Il signe un contrat avec laGalerie Druet, et Bernheim-Jeune et Kahnweiler lui achète des toiles. Avec Matisse ils partent pour leSénégal et Dakar. Il expose à la Galerie Druet en 1907.

De retour à Paris, il reprend l’atelier, quai Saint-Michel, laissé par Matisse et s’y installe avec Yvonne-Ernestine, jeune femme vive et délurée, son modèle, qui partage sa vie jusqu’en 1922. Il peint des nus impressionnants de présence avec les amies-compagnes d’Yvonne4. Sa peinture est faite alors de portraits, de nus féminins, de dessins, caricatures de passants ou même de dessins érotiques.

Les expositions se succèdent à Paris, Hambourg, Berlin, Dresde, Munich, Moscou Odessa, Kiev, Saint-Pétersbourg, Riga ou Liège. En juin 1909 il est à Naples puis en Sicile. En septembre, il séjourne à Marseille, Tanger et Séville.

Depuis son appartement, en 1910, il peint les inondations de la Seine. Cette année-là il rencontre les collectionneurs russes Morozov et Sergueï Chtchoukine qui lui achètent des toiles5. George Besson devient un de ses critiques et défenseurs.

En 1911, après un séjour en Normandie, il part pour Tanger de là il écrit à Matisse : « Je ne serai jamais unorientaliste ». Les années suivantes répètent les mêmes voyages. En 1913, ses œuvres sont à l’Armory Showde New York puis à Chicago et Boston.

À l’occasion de son séjour en Algérie, il rencontre une jeune écrivaine Marcelle Martinet (sous le nom de Marcelle Marty, puis de Marcelle Marquet ) originaire d’Alger, qui lui sert de guide. Marquet timide, se confie à elle, à travers une longue correspondance. Intelligente, cultivée, Marcelle devient sa confidente et, le 10 février 1923, sa femme à Alger7. Cela réjouit les amis de Marquet qui n’appréciaient pas la « poule » Yvonne8. Avec Marcelle, il découvre les oasis du sud algérien, le Sahara, le Maroc ou la Tunisie. Marcelle devient sa secrétaire et prend en charge sa correspondance. Ensemble ils publient, en 1925, le livre de Marcelle Marty, Moussa, le petit noir, illustré de 23 dessins et aquarelles de A. Marquet.

À partir de cette date, Albert Marquet passe tous les hivers à Alger9, voyageant le reste de l’année, en Norvège, en Italie, en France métropolitaine… faisant de lui un voyageur perpétuel, dont la peinture en est le carnet de voyage et est reconnue à travers de très nombreuses expositions à travers le monde (Le Caire, Chicago, Stockholm, etc.). Il peint les ports, les paysages qu’il a traversés quasiment sans aucun personnage.

En 1931, il achète un appartement rue Dauphine avec vue sur le Pont-Neuf et la Samaritaine. Le céramiste Josep Llorens i Artigas lui enseigne la céramique. Albert Marquet s’est lié à plusieurs écrivains dont le poète Paul Fort10, des jeunes peintres comme Yahia Turki. En 1933, il fait une croisière en Méditerranée et descend le Danube jusqu’à la Mer noire. En 1934, il fait un long voyage en URSS où le peintre est entouré et fêté. En 1937, il voyage en Hollande, en Suède.

La galerie Druet fait faillite, le stock dispersé. Marquet découvre le village de la Frette-sur-Seine, y loue une maison près du chemin de halage et y installe son atelier11.

En 1938, il participe aux actions caritatives pour la défense des intellectuels allemands chassés par lesnazis. À cette occasion, il rencontre le peintre François Desnoyer.

En 1940, après avoir mis ses œuvres à l’abri, il est contraint de quitter la France métropolitaine pour Alger, de peur des représailles pour avoir signé la pétition de protestation des artistes et des intellectuels contre le nazisme12. Sa maison est réquisitionnée par les Allemands, son appartement perquisitionné. Ses œuvres sont protégées par Louis Martinet, oncle de Marcelle, qui, avec des amis, les cachent. Certaines sont même confiées à Vlaminck. Marquet vit à Alger pendant toute la durée de la guerre. Il refuse de participer au Salon des Tuileries qui exige de lui un certificat de « non-appartenance à la race juive », et y fait décrocher des cimaises ses œuvres prêtées par des collectionneurs par « solidarité avec ses amis juifs »13. En 1942, il organise à Alger une vente pour la Résistance nationale. En 1943, le général de Gaulle reçoit une de ses toiles en cadeau14. En 1945, il devient peintre officiel de la Marine15 seul honneur qu’il ait jamais accepté. En 1946, il revient à Paris. David Weill lui propose de rentrer à l’Académie des Beaux-Arts, en réponse Marquet non seulement refuse mais demande la dissolution de l’Académie et de l’École des Beaux-Arts. Il refuse la Légion d’honneur également. Il participe à des ventes caritatives pour les enfants juifs (Œuvre de protection des enfants juifs) et pour les prisonniers de guerre. Il prend sa carte au Parti Communiste13.

Opéré d’un cancer de la prostate, Albert Marquet s’éteint le 14 janvier 1947, après avoir peint des vues de Paris.

Son corps repose dans le cimetière communal de La Frette-sur-Seine.

Mail: jean-jerome.prejean@orange.fr

Galerie jean jerome Préjean

Téléphone: 06 10 77 57 70